une vie réussie

Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 22:08

 

êêêê  Nous avons extrait pour vous un passage du livre "Homme et prêtre"

                  du Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine   Editions  Ad Solem  

                  

                   Nous vous conseillons vivement la lecture de ce livre.

  

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           Cela ne va plus dans le couple…

 

         Mais pourquoi cela ne va plus ? Voilà la vraiequestion. Où s'origine la remise en cause de   l'amour qui, pourtant un jour, au moins sur les premiers jours, a entraîné deux êtres à s'unir, à partager la même maison, à donner à un enfant quelques-uns de leurs traits ? Certes, chaque cas est unique, toutefois à force d'entendre les uns et les autres, on finit par identifier certains éléments qui provoquent la mort de l'amour à plus ou moins longue échéance.

 

Signalons-en quelques uns…

 

Tout se joue au commencement du lien. Ceux pour qui l'amour se concentre dans ce que l'on nomme habituellement de manière erronée les sentiments – catégorie envers laquelle il faudrait être plus loyal en en voyant les dessous : attirance, séduction, vibration charnelle – courent un risque. Là s'origine le début du drame, surtout si les deux aimants se complaisent dans ce champ pseudo-romantique où les qualités foncières de la personne gisent à l'ombre de la pulsion. On se plaît, on s'attire, on sémeut – et nous sommes tous passés par là -, et l'on croit que l'amour est présent. Il peut y avoir aussi au milieu de magma sensitif, de la gentillesse, de la compréhension, de l'attention en bord de lien, cependant cela ne prouve rien. Qui croit que cela "prouve" risque bien d'être déçu.

 

Il faut bien que le lien commence par un attrait…

 

Loin de moi l'idée de nier cet impact que nous subisson par l'unique présence de l'être qui surgit et qui percute de sa séduction, en son sens le plus noble du terme, les fibres de notre moi. Cependant, je le redis, cet attrait ne prouve rien ; gardons-le prometteur, mais ne nous précipitons pas. Si immédiatement les êtres se jettent l'un sur l'autre pour nourrir et étancher la soif de leurs ressentis – ce que la majorité ne se prive pas de faire, mais je vous rappelle en passant que la majorité échoue dans ses amours -, un double risque les attend. Avant de les regarder en face, je voudrais tout de même dire ici qu'il est toujours possible de parvenir à la réussite d'un amour en suivant un chemin scabreux ou glissant, comme il est toujours possible de monter un meuble sans regarder le mode d'emploi. Mais vous mesurez-là tout de même combien le risque est grand.

 

Deux risques encourrus par les personnes si elles s'unissent rapidement après leur rencontre…

 

… ou assez rapidement après la rencontre, ne négigleons aucune situation. Eh bien, si entre eux le rapport physique est satisfaisant, les voilà enchaînés à leurs désirs, et pratiquement tous leurs rendez-vous seront envahis par cet appel charnel qu'ils mettront en acte. Non seulement cela a le désavantage de conduire la relation dans une sorte de boyau où la découverte de la personne dans ce qu'elle est profondément passe à l'as, ce qui est loin d'être souhaitable, mais en plus, ces deux-là, devenus prisonniers de leurs jouissances, risquent de rester ensemble, de ne pouvoir plus se séparer, même si d'autres éléments inquiétants commencent à apparaître avec le temps, tels que des problèmes de caractère, de conceptions de vie différentes devenant source de tensions. On se rabiboche sur l'oreiller, et comme l'on crie sur tous les toits que l'union charnelle est la source du bonheur le plus absolu, en tenant les corps serrés les uns contre les autres, on croit tenir le bon morceau ! Donc, voyez, le premier danger vient paradoxalement d'une réussite jaillissant d'une union charnelle. Deuxième risque encouru, c'est celui de ne pas s'entendre sur le plan physique, tout simplement parce que le rapport a été précipité et qu'il n'y avait pas la confiance voulue pour que l'union soit totale et proteuse de joie. Ici, le lien risque de se dissoudre bêtement en croyant que l'entente est impossible.

 

 

Vous plaidez-donc avec l'Eglise pour l'abstention de tout rapport avant le mariage ?

 

Je plaide donc avec toute l'Église et avec les gens sensés pour que les êtres se connaissent vraiment avant qu'ils ne s'étreignent. Voilà le juste chemin, le moins risqué, le plus fiable : celui de la connaissance mutuelle, non des muqueuses, mais des personnes ! Qui ai-je en face de moi ? Avec qui vais-je vivre ? Quelles sont ses conceptions de la vie et du mariage ? Sommes-nous d'accord sur l'essentiel ? Nos caractères peuvent-ils s'accorder ? Sa manière d'être, son éducation, sont-elles en syntonie avec ce que j'ai reçu ? Ses passions sont-elles en harmonie avec mon univers intérieur ? Tout cela ne se vérifie pas entre deux draps ! Il faut, pour que la lumière soit, de nombreuses heures de dialogue et d'observation. Sans compter sur ce quelque chose, ce plus, cet éclat divin, qui fait que cela passe entre les êtres, que la connivence est là, que l'on se comprend au moindre clin d'oeil - et là encore il faut un certain temps pour le déceler ou pour reconnaître qu'il n'y est pas. Regardez par exemple les précautions qui sont prises lors de l'achat d'une voiture. C'est saisissant. Tout est passé au crible. Le moteur, le confort, les options, la couleur, et beaucoup sont prêts malgré leur désir, à attendre encore trois, six mois, le bon modèle, celui qui correspond vraiment à leur attente. Et pour se mettre ensemble, on se décide en deux jours ou en trois mois, mais c'est de la folie ! Mais pas de la folie pure, de la folie impure ! C'est de l'inconscience.

 

Si j'ai bien compris, à votre avis, de nombreuses unions ne tiennent pas en raison d'un mauvais démarrage…

 

Je le crois. Les êtres ne se choisissent pas. Ils subissent une attraction, et demeurent prostrés sous elle en s'imaginant que l'amour est de l'ordre de l'instinct. Au départ, ils sont bien ensemble - comme ils disent -, et cela leur semble suffisant pour commencer la vie commune. Cinq ans plus tard, quand ce n'est pas trois mois après leur fusion vécue entre quatre murs, ils réalisent alors qu'ils n'ont rien en commun.

 

Que leur conseiller ?

 

S'ils ne sont pas mariés et qu'ils n'ont pas d'enfants, qu'ils se séparent le plus vite possible, et surtout qu'ils ne renouvellent pas l'opération, car les conséquences sont lourdes et les blessures profondes, surtout dans le coeur de la femme. Autant les hommes - et en affirmant cet état, je ne les absous pas -, chasseurs dans l'âme, sont capables de passer d'une proie à l'autre, autant la femme se relève difficilement d'un lien dans lequel elle a engagé son corps et son âme. Là, avec vous, je réentends le mot de Montherlant qui sonne tellement juste: « L'homme n'aime de coeur que ce qu'il a d'abord désiré sensuellement. Chez la femme, c'est l'inverse : elle aime d'abord le coeur, et de là, coule au désir. » Donc, par pitié, avant de tout donner, à commencer par son corps, que la femme réfléchisse un peu, beaucoup, passionnément... à la structure masculine et à ses soifs. Je sais bien que dans ce domaine, la fragilité bat son plein sous l'appel des sens, raison de plus pour se tenir sur ses gardes ! Deux ans avec l'un, trois ans avec l'autre, six mois avec ce dernier, et vous vous retrouvez à trente-cinq ans – et pour une femme, c'est dramatique – toute seule sans avoir rien construit, parce qu'au fond, mais avouez-le ! vous vous êtes embarquée sans réflexion, vous avez cru que… vous avez été séduite par… un inconnu auquel vous vous êtes attachée, et de ce point de vue-là, c'est pardonnable, mais que de dégâts !

 

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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 18:42

Cher jeune, je m’adresse à toi sans être médecin ni moraliste, juste pour te poser une question indiscrète.                Où en es-tu personnellement avec l’alcool ?

     Combien de soirées mondaines as-tu passé dernièrement sans en consommer une quantité importante? Penses-tu être capable de t’amuser en société sans alcool ? 

 

En résumé, es-tu certain d’être libre de boire ou pas ?


     Quand j’étais adolescent, la recherche de plaisir immédiat justifiait à mes yeux de  « m’éclater » comme je voulais avec l’alcool, la drogue ou les filles. C’est quand j’ai voulu changer de vie et me stabiliser, après des années de désordres que j’ai choisi d’arrêter la drogue. La prière, les sacrements et une discipline de vie que je n’avais jamais eue jusque-là m’ont fortement aidé.

 

 Pour autant, il m’a fallu rompre avec des relations et un état d’esprit, tenir cet engagement jour après jour et chasser de mon esprit la diabolique illusion de pouvoir que procure un stupéfiant. Pour m’y aider, j’ai rempli mon existence de rapports humains sérieux et sans artifices, d’une vie spirituelle digne de ce nom et d’une saine activité physique. Parvenir à connaître la joie et les satisfactions concrètes de véritables relations humaines m’a fait prendre conscience du gâchis qu'il y aurait à y renoncer pour une satisfaction dérisoire.

 

Malheureusement, l’alcool est sournoisement venu se substituer à la drogue, au cours de soirées amicales et, trop souvent, entre catholiques.

   


Cette tendance à s’appuyer sur une béquille chimique ne concernait pas que les jouisseurs invétérés et les faibles sans caractères, mais aussi des personnes qui avaient une haute idée de la liberté mais qui oubliaient leur propre nature et les exigences nécessaires pour parvenir à être libre.

 

Quand je commettais un excès de boisson, je m’en confessais, mais quand l’excès était devenu une habitude, que faire ?

L’illusion de transformer artificiellement la réalité et les relations sociales existe réellement avec l’alcool et il est trop sous-estimé. Je ne parle pas du verre de vin qu'on boit à table, mais de ceux qu'on descend en refaisant le monde, sur lesquels on s’appuie pour, croit-on, communiquer avec les autres et dont on refuse de voir qu'on est peut-être devenu dépendant.

On riait un peu apitoyés de celui qui avait franchi la ligne rouge alors que, nous-mêmes, nous n’étions pas forcément du bon côté de celle-ci. Nous chantions sans complexe des chansons populaires qui vantaient l’ivresse du vin, entre deux pèlerinages et une vie sincèrement pieuse. Combien d’entre nous avaient une consommation réellement excessive, menaçant leur vie et celle de leurs familles, faiblesse destructrice qu’on ose enfin nommer l’alcoolisme ?

 

C’est sa dignité et son véritable bien que l’être humain met en danger avec l’alcool, ce qui est beaucoup plus grave que ce qu'en dit une « morale hygiéniste » qui dénonce l’abus d’alcool en ne considérant l’être humain qu’en fonction de son utilité à la société ou d’un bien-être hédoniste.

 

Le pouvoir que procure l’alcool est avant tout une illusion humaine, un mensonge spirituel, comme la drogue. Je ne relativise pas la dangerosité des stupéfiants, mais je sais d’expérience que les sensations y sont proches de celles de l’alcool, que la nature humaine s’y égare aussi bien et que les deux tuent très sûrement.

Il existe tant de difficultés à affronter, des vies surchargées, des rapports humains incertains, la peur de l’avenir, des angoisses intimes, et à portée de notre main un produit magique si commode pour décompresser. MAIS EST-CE VRAIMENT SI EFFICACE QUE CELA ?

 

Est-ce que réellement nos problèmes vont disparaître comme par enchantement, noyés dans la boisson ? Est-ce qu’une vie peut se résumer à travailler et consommer, à jouir et se « sentir bien » ? 

 

Qu’est-ce qui donne réellement un sens à notre vie ?

Dieu est-il présent dans notre cœur, ordonnons-nous notre existence à un plus grand bien, à travers toutes les vicissitudes et les tentations ?

Qu’est-ce qui guide nos choix quotidiens pour que nous ne subissions pas la médiocrité vers laquelle nous tire constamment notre fragilité ?

 

Nous ne pouvons espérer échapper aux tentations disposées en permanence devant nous sans nous appuyer sur une exigence morale soutenue par la grâce de Dieu.

   

Où trouver l’estime de soi qui manque à tant de nos contemporains sans se savoir aimé par Celui qui nous as créés libres pour pouvoir l’aimer en retour ?

 

Et ainsi se regarder avec suffisamment de délicatesse et voir dans les autres assez de bienveillance et de grandeur pour fuir toute illusion qui brouillerait nos relations et nous pousserait à tricher et mentir avec des artifices chimiques qui nous renfermeraient sur nous.

Notre dignité d’enfant de Dieu, créé libre pour pouvoir le connaître et l’aimer ne peut supporter cet enfermement sur soi, cette dévalorisation, ce mensonge qui occupe notre corps et notre esprit. Et dans lequel se noieront certains d’entre nous.

L’alcool nous enferme dans l’illusion stérile d’un mensonge quand Dieu nous ouvre à la fécondité de la vie.

 

L’humilité de reconnaître notre condition et de nous confier à la miséricorde de Dieu est le moyen spirituel efficace pour préserver ou reconquérir notre dignité que nous ne devons rien laisser la mettre en danger.


La liberté des enfants de Dieu est à ce prix. 

 

Dominique Morin

 

Pour ceux qui ne connaîtraient pas Dominique Morin :

   

Adolescent révolté, abandonné sans repères face aux tentations, Dominique Morin a expérimenté une liberté sans retenue dans la drogue, le plaisir sexuel et la violence politique. Il parvient pourtant un jour à tout quitter.

Treize ans plus tard, son passé se rappelle douloureusement à lui. Il apprend qu'il est malade du Sida. Il essaye d'accepter cette épreuve et d’en comprendre le sens.

 Aujourd'hui, il témoigne de son expérience et de son espérance. Dominique Morin veut vous faire partager sa réflexion et son espérance, sa joie de vivre, d'aimer et d'être aimé malgré l'épreuve.

 

 

 

 

                                             Dominique Morin 6069

 

 

 

 

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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 15:28

Extrait de Madeleine Daniélou

 

 C'est par la qualité du coeur que nous valons, non par une sensibilité de surface, mais par l'aptitude à un grand amour, désintéressé, pur et fidèle. C'est là ce qui nous permet de dépasser l'égoïsme, c'est là ce qui nous introduit à une vie supérieure, c'est là ce qui finalement nous accorde à Dieu.

Quelles sont les marques de la grandeur de coeur?

 

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La première, c'est qu'elle nous élève au-dessus de tout ce qui est étroit et mesquin. Que de sentiments sont misérables! L'envie, l'habitude de tout critiquer, de rabaisser les autres, celle de ruser pour arriver à ses fins, de fuir l'effort et la difficulté... Et encore le « donnant donnant » des avares, la crainte de ne pas en avoir pour son argent, l'espionnage, le goût des petits scandales, les indélicatesses de toutes sortes. L'âme généreuse rejette ces vêtements sordides, elle se revêt de loyauté et de désintéressement. La vie des hommes est tissée, dira-t-on, d'actions mesquines. Eh bien! li faut l'ignorer, l'oublier, rester étranger à ces obscures intrigues, vivre dans une sphère supérieure, et que tout ce flot meure à vos pieds.

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Une autre marque de la grandeur de coeur est le goût des choses difficiles; elles sont la nourriture d'une âme magnanime, qui ne se satisfait pas des jouissances basses, mais aime l'effort et la difficulté vaincue. Non pas tant pour eux-mêmes, que parce qu'ils sont le signe qu'une étape est franchie un monde ouvert.

On n'accède pas sans de longs et coûteux efforts à l'ordre de l'héroïsme ou de la sainteté, ni même à la maîtrise de ses passions. Ces efforts portent d'abord sur de petite» choses, un mouvement instinctif dominé, une fatigue surmontée, le sacrifice joyeusement fait de ce qui pouvait être a nom-et que nous laissons à d'autres. Ces efforts donnent un sentiment si vif de liberté intérieure qu'on prend le goût d aller en tout, non pas au plus coûteux, mais au plus difficile, parce que c'est aussi le plus parfait. Une âme généreuse peut s'élever ainsi, dans une vie apparemment commune, à des sommets d'héroïsme, et cela sans violence, avec une simplicité qui semble naturelle.

 Rien n'est plus beau que d'accomplir avec élégance et sans retour sur soi-même des choses difficiles, on rend ainsi le bien aimable et désirable, on lui ôte son visage austère, on entre dans l'ordre des chevaliers. Un chevalier est bien supérieur à un conquistador. Celui-ci ne prouve sa force qu'au cours d'aventures extraordinaires qu'il est donne à bien peu d'entre nous de traverser, mais le chevalier reste chevalier dans les moindres détails de sa vie, en matière d'amour, en matière d'affaires, en matière de travail, chacun de ses actes est généreux, chacun de ses gestes est élégant, chacune de ses pensées empreinte de noblesse. C'est que le contenu de toutes les vies se ressemble, ce qui diffère et ce qui importe, c'est la grâce mise dans le don de soi.

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Le désintéressement est la troisième marque de la grandeur du coeur. Rien n'est plus étroit que de chercher en tout son propre intérêt, rien n'est plus généreux que de le négliger à l'avantage de celui des autres. Quel intérêt? D'abord l'argent, si âprement désiré à cause des plaisirs qu'il procure, ensuite le succès personnel, les compliments, l'avancement, le» distinctions, tout ce qui flatte l'amour-propre. Enfin l'influence, recherchée pour elle-même, l'autorité dans laquelle on se complaît, les avantages du pouvoir. Ce n'est pas cela qu'une grande âme cherche, mais que le bien se fasse, avec ou sans elle.

Chacun de nous a une orientation secrète, une pente profonde du coeur, qui explique ses choix, qui préfigure son avenir. C'est une aptitude à aimer qui se révèle dans la jeunesse, ou de façon tout à fait désintéressée, ou sur un plan de réciprocité, ou franchement égocentrique.

On se situe ainsi à un certain degré de l'échelle du désintéressement. Les âmes magnanimes sont au plus haut. L'aptitude à la sainteté, sur laquelle on a tant écrit, est probablement là. Elle n'est ni dans la force de la volonté, ni dans l'ouverture d'esprit, pas même dans l'intuition d'un monde supra-sensible, elle est exactement dans le pur amour.  Au-dessous des âmes magnanimes se placent celles qui veulent bien aimer et se dévouer pourvu qu'elles soient payée» de retour en affection, en reconnaissance. Elles s'en tiennent à la stricte justice, et c'est déjà quelque chose de ne prendre pour soi que la moitié du gâteau. Tout à fait au bas de l'échelle est l'âme arachnéenne qui attire et rapporte tout à elle. Cette disposition est monstrueuse chez une femme : elle se manifeste chez les jeunes filles par une coquetterie invétérée, ne souffrant pas de partage dans les hommages des hommes, dure jusqu'à la cruauté sous des apparences parfois ravissantes - chez les femmes, par des exigences et un autoritarisme aveugles qui subordonne à elles la vie de leurs enfants -- chez les vieillards, par l'avarice et l'indifférence.

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Une dernière marque de grandeur d'âme est la capacité d'un entier pardon. Il est difficile d'oublier les offenses, grandes ou petites, qu'on nous a faites. Même si nous ne nourrissons pas de désirs de vengeance, une certaine rancune empoisonne à jamais nos rapports avec ceux qui nous ont nui volontairement, qui ont dit du mal de nous, qui nous ont blessés. La magnanimité, c'est de n'oublier aucun bien, de ne garder rancune d'aucun mal. Le pardon, quand il est entier, purifie l'atmosphère, redécouvre les êtres, recrée la tendresse. C'est une chose admirable et vraiment divine qu'un regard neuf, un coeur confiant, sans amertume, sans ressentiments, sans dureté, sans froideur, duquel jaillit un fleuve de charité.

Les êtres capables de pardon sont vraiment des pacifiques, des faiseurs de paix, ils tarissent la source des récriminations, des querelles prolongées, de ces haines de famille à famille qui parfois divisent pendant plusieurs générations des êtres qui eussent pu se comprendre et s'aimer. Chacun de nous a besoin qu'on lui pardonne, qu'on lui fasse crédit, qu'on ne lui rappelle pas indéfiniment ses erreurs et ses fautes, qu'on ne lui ferme pas la porte.

Traitons ainsi les autres, avec un invincible optimisme qui développe le bien en y croyant; souvenons-nous que Dieu aura envers nous cette même mesure que nous aurons eue envers les autres, qu'elle soit pleine, tassée, débordante de beaux grains mûrs et dorés par le soleil.

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La grandeur d'âme a de multiples application  dans la vie d'une jeune fille, d'une jeune femme surtout. Il importe de ne pas se laisser absorber par les tracas domestiques, de ne pas engager sa sensibilité dans tous les petits conflits qui surviennent, de les résoudre de haut, avec sérénité. Cela n'est possible que si l'âme se nourrit de pensées élevées, a de larges horizons, et horreur de toute mesquinerie. Il importe surtout de se dévouer sans réserve, d'être quelqu'un de vraiment livré, abandonné, qui ne se cherche point soi-même, qui ne s'étonne point qu'on ne s'occupe pas d'elle et ne s'en aperçoive même pas. [...] La grandeur d'âme se manifeste encore au delà des frontières de la famille, par le sens de l'hospitalité, la bienveillance, les services rendus, l'influence et la fortune partagée. Elle se manifeste par la générosité à aider, non pas seulement la famille, l'ceuvre qui est la nôtre, mais celle même qui pourrait en paraître la rivale, ou qui est dirigée dans un esprit différent. Elle devrait nous porter à sympathiser avec tout effort sincère, à soutenir toute entreprise louable, de notre argent, de nos encouragements, de notre compréhension. Son ennemi le plus intime est la pusillanimité, qui ne nous permet que des gestes étroits, des démarches toutes petites, qui nous fait reculer devant les entreprises difficiles, les initiatives hardies, tout ce qui peut nous faire courir un risque.

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« Donnez-moi, disait saint Ignace, de combattre sans souci des blessures, d'aimer sans chercher d'autre récompense que celle d'aimer davantage.»

Ceci est le langage authentique de la grandeur d'âme.

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Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 18:57

un commentaire vient d'être posté par Victoria de Roquefeuil sur l'article Les Saints Innocents, sur votre blog Bloc-notes des Anciennes de l'Institution Saint Joseph à Draguignan

Extrait du commentaire:

En faisant un petit tour par hasard sur le blog, je me suis rendue compte qu'il y avait quelques commentaires sur l'histoire de mon petit Nicolas...

Oui, en effet, vous vous en doutez, tout n'est pas que facile quand on élève un petit trisomique.
Nicolas demande beaucoup d'attention et de présence. Sa semaine est ponctuée par des RDV chez des orthophonistes, médecins, éducateurs, psychomotriciens...Et ce, en plus de l'école.
Une ou deux fois par an, maman l'emmène aussi à Paris, à la fondation Lejeune.
Sa maîtresse, qui n'a aucun autre enfant trisomique, ne comprend pas que Nicolas ait besoin de plus de temps et d'attention qu'un autre. C'est donc à son retour à la maison, le soir, que maman lui
apprend à lire.
Hé oui, Nicolas (qui a maintenant 9 ans) commence à savoir compter, connaît toutes les lettres et quelques "sons".
Et il est si content...

Dans tout le quartier, notre famille est connue, non pas par son nom de famille, mais par notre lien de parenté avec notre petit dernier. Nous sommes dénommés les père, mère, frère ou soeur de
Nicolas... Quelle star !

Mais si ce petit bout d'homme occupe beaucoup le temps et l'espace, les parents doivent veiller à ne pas laisser de côté mon petit frère qui le précède (11 ans)et qui, lui aussi, a besoin de son
papa, de sa maman, d'un peu d'amour et surtout de sa place !

Comme il est très joyeux et respire le bonheur, Dieu merci, nous n'entendons plus certaines réflexions qui avait tant peiné toute la famille. Tous avons du mal à oublier celle d'une secrétaire
médicale dans une salle d'attente: "Heureusement, avec l'IVG, on n'en voit plus beaucoup des enfants comme ça".

Moi je voudrais dire, "malheureusement on n'en voit plus beaucoup". Notre monde grouille de personnes intelligentes, mais il manque cruellement d'intelligences d'amour.

Une autre difficulté que nous affrontons, c'est l'incompréhension de nos proches, parfois suivi d'éloignement. C'est ainsi que 9 ans après l'adoption, mes parents se voient encore reprocher par
leur propre famille cet acte d'amour.
Ils gardent cette souffrance au fond de leur coeur, et confient les auteurs de leur tristesse au Seigneur dans leurs prières.

Merci, Victoria !

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Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 10:59

« Cinquième règle, la persévérance.

 La mouche se pose à peine sur la fleur et passe, inconstante et agitée, à une autre fleur ; le bourdon s’arrête un peu

plus, mais c’est le bruit qui l’intéresse ;

        l’abeille, silencieuse et active, s’arrête, aspire à fond le nectar, le porte à la ruche et nous donne le miel délicieux.

         Ainsi s’exprime saint François de Sales et il me semble que tu acquiesces :

Pas d’étudiant-mouche, ni d’étudiant-bourdon. Tu aimes la volonté tenace et réalisatrice et tu as bien raison.

  Dans la vie, il ne suffit pas de désirer, il faut vouloir.

       Il ne suffit pas de commencer à vouloir, il faut continuer.

Et il ne suffit même pas de continuer, il faut être capable de recommencer à

vouloir partir de zéro, toutes les fois que l’on a été arrêté par la paresse, les

échecs ou les chutes.

  Ce qui fait la malchance d’un jeune étudiant, ce n’est pas tant une mémoire défaillante qu’une volonté alanguie.

dominique.jpg Sa chance, plus qu’un grand talent, c’est une volonté solide et tenace.

      Mais la volonté se forge au feu de la grâce de Dieu,

  et se trempe au contact des grandes idées et des grands exemples. »

 

Albino Luciani, Humblement vôtre (Nouvelle cité),

lettre à saint Bernardin de Sienne.

 

 

 

 

Cette lettre du Patriarche de Venise, le cardinal Albino Luciani, devenu Jean-Paul Ier, fait partie des perles pédagogiques laissées en héritage par ce pape plein d’humour et d’esprit de finesse. La lettre est une série de conseils tirés d’un enseignement de saint Bernardin à des étudiants de Sienne en juin 1427. « Avec ta permission, je vais tâcher de proposer aux étudiants d’aujourd’hui tes sept  règles, abrégées et… apprivoisées. » Ces règles pour la conduite des études et de la vie se résument  en sept mots clés : l’estime, la séparation, le calme, l’ordre, la persévérance, la discrétion et le goût.

 

 Affermir sa volonté

 

La persévérance retiendra plus particulièrement notre attention dans cette leçon par le texte.

 L’un des  maux dont souffre l’éducation est l’affaiblissement de la volonté.

On voudrait bien,  plus qu’on ne veut vraiment et une certaine confusion tend à s’introduire entre désirer et vouloir.

 Les velléitaires prennent la place des volontaires.

  Et cependant une volonté n’est efficace et libre que si elle atteint vraiment le bien qu’elle poursuit.

 Il ne suffit pas de vouloir, il faut vouloir efficacement.

L’intérêt de cette lettre est d’abord de bien mettre en évidence ce qui fait obstacle à cette efficience. Le premier obstacle, c’est l’inconstance et l’agitation ; le second, symbolisé par le bourdon, c’est le bruit. Les éducateurs et les pédagogues d’aujourd’hui se retrouveront dans cette description imagée.

Le papillonnage, appelé aussi zapping, et le bruit sont deux facteurs de divertissement qui conditionnent une habitude de dispersion entièrement contraire à l’éducation d’une volonté. Celle-ci réclame à la fois une dépollution et un désencombrement de tout ce qui trouble l’esprit et la sensibilité car ils sont causes d’agitation et rendent la volonté incapable de constance.

 Combien de spectacles inutiles, de conversations vaines faites de bavardages, de jeux accaparants, de mauvaises lectures, de distractions sans le moindre intérêt… la liste pourrait être longue !

L’absence de silence, extérieur comme intérieur, amoindrit les capacités d’intériorité, ce qui a pour conséquence directe non seulement la superficialité des jugements mais surtout la fragilité de toute forme d’attention, cause d’alanguissement et bien vite d’ennui.

 

La volonté de Dieu

Pour remédier à ces carences, l’auteur propose trois choix :

celui de forger notre volonté humaine au « feu de la grâce de Dieu »,

       autrement dit ne pas s’appuyer d’abord sur soi mais ancrer sa volonté selon la demande du Notre Père dans la volonté divine ;

    celui de puiser dans le trésor de culture des grands « maîtres », ceux qui nous évitent de devenir «un porc dans sa bauge qui mange, boit et dort»;

        celui de suivre l’exemple des hommes qui, dans le florilège immense des talents et des vocations, sont témoins de l’humble grandeur de l’homme.

 

Pierre DURRANDE, l'HN mai 2010

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