Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 17:02

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Sauvé du spiritisme par Marie



Revenu du spiritisme et de toutes les errances auxquelles le soumettait l’esprit mauvais, maître Bartolo Longo se consacre ensuite aux bonnes oeuvres que la Providence lui propose et à la propagation du Rosaire. Il fut béatifié par Jean-Paul II le 26 octobre 1980.



En 1841, près de Brindisi, dans l’Italie méridionale, naît un enfant qui reçoit au baptême le prénom de Barthélemy, en abrégé Bartolo.

Son nom de famille est Longo. Très tôt, il se révèle intelligent, pieux, pétillant de vie.

«J’étais, dit-il, un diablotin vif et impertinent, quelque peu polisson. »

 

Jusqu’à l’âge de 16 ans, il est élevé dans un collège religieux. En classe, ses gamineries lui valent maintes punitions, et c’est un supplice pour lui que d’avoir à rester en place pendant les cours ! Par exception, le jour de sa première communion, il demeure sans bouger une heure et demie en action de grâces !

 

Doué d’une étonnante mémoire, Bartolo commence à 16 ans l’étude du droit à l’université de Naples où il réussit fort bien. À la même époque, il suit les cours de philosophie d’un prêtre défroqué. Frappé et ébloui par l’esprit anticlérical, il s’éloigne, peu à peu, des sacrements et ne prie plus.

 

Une question le harcèle : « Le Christ est-il Dieu ou non ? ». Un confident de ses tourments spirituels l’invite alors : « Viens avec moi. Je te conduirai au lieu où se résoudront tous tes doutes.»

Et, le 29 mai 1864, on l’initie aux secrets du magnétisme et du spiritisme : tables tournantes, réponses et divination des voyants.

Bartolo demande à « l’esprit » : « Jésus-Christ est-il Dieu ? » – « Oui », répond le médium. « Les préceptes du Décalogue sont-ils vrais ? – Oui, sauf le sixième (Tu ne commettras pas d’adultère). « Laquelle des deux religions est la vraie : la catholique ou la protestante ? – Toutes deux sont fausses », prononce sentencieusement l’esprit.

 

Bartolo est en train de perdre la foi. Au lieu d’écouter la voix de la vérité qui nous vient du Christ et de l’Église, il se laisse duper par le démon lui-même, qui sait mêler le vrai et le faux, pour tromper les âmes et les conduire au péché. Le rejet du sixième commandement conduit le jeune homme à tous les excès de l’immoralité, alors que le doute sur la vérité du catholicisme le mène à l’indifférentisme religieux. Séduit par la magie, Bartolo se livre à la divination et au spiritisme ; il devient médium de premier ordre, et même « prêtre spirite ».

 

Sous l’emprise du démon

 

Bartolo, rapidement épuisé par les jeûnes prolongés que lui demande le démon et par toute sorte de phénomènes hallucinatoires, perd sa santé.

 

Il écrira :  

 

 « L’esprit mauvais qui m’assistait, voulait s’emparer de mon âme formée à la piété depuis mes premières années et me demander l’adoration et l’obéissance aveugle. Il se faisait passer pour l’archange Michel, m’imposant la récitation des psaumes et des jeûnes rigoureux. Il réclamait que son nom, comme signe de puissance et de protection, fût écrit en tête de tous mes papiers et que je le portasse sur mon cœur, inscrit en chiffres rouges dans un triangle de parchemin. »

Mais, pour l’instant, le jeune homme, inquiet du surnaturel et de l’au-delà, est toujours poussé par son désir de percer le mystère de l’autre monde. De fait, personne ne peut totalement éviter de s’interroger sur l’énigme de la vie et de la mort.

 

 

La conversion

 

Mais le bon ange de Bartolo veille sur lui. Il lui fait rencontrer un ancien ami, le professeur Vincenzo Pepe, pour lequel il a de l’estime et du respect. Mis au courant des pratiques spirites de Bartolo, il conseille à celui-ci de se repentir et de se confesser. « Tu veux donc mourir dans une maison de fous et, de plus, être damné ? », lui demande-t-il. Le coup porte.

 

Fortifié par les paroles du professeur Pepe, Bartolo se présente au confessionnal du père Radente. En présence de cet individu bizarre, à la face ornée d’une barbe de mousquetaire, le père croit d’abord avoir affaire à un malfaiteur qui prépare un mauvais coup ! Mais quand, après avoir longtemps hésité, le jeune homme s’approche et lui parle, le prêtre sait trouver les mots qui font tomber les écailles des yeux de son pénitent. La confession est sincère et profonde.

 

Par la suite, Bartolo affirmera à ceux qui ne croient pas à l’action du démon dans le spiritisme : « Je l’ai expérimenté, et c’est par un miracle de la Très Sainte Vierge que j’en ai été délivré. »

 

Une  nouvelle vie, au service de la Sainte Vierge, commence pour lui. Il se met à réciter chaque jour le Rosaire, prière à laquelle il sera fidèle jusqu’à la fin de sa vie. Bartolo entre dans le tiers ordre dominicain, sous le nom de « fratel Rosario » (frère Rosaire). Il a 30 ans. Sous la direction du père Radente, il s’initie à l’étude des oeuvres de saint Thomas d’Aquin.

 

Notre-Dame de Pompéi

 

 

Pendant ce temps, il continue d’exercer la profession d’avocat. Mais sa santé délabrée ne lui permet plus un travail régulier. Des personnes charitables s’inquiètent de lui. La comtesse Marianna de Fusco, devenue veuve, l’invite à venir s’établir chez elle en tant que précepteur de ses enfants. Elle possède, à côté des ruines de l’ancienne Pompéi, près de Naples, des terres dont elle n’a pas la possibilité de s’occuper.

 

Pour lui rendre service, « fratel Rosario» s’offre à les administrer. Il prend alors conscience de l’effrayante misère spirituelle et matérielle de cette région. Que faire en face de tant de besoins ? Il commence par fonder une confrérie du Très-Saint-Rosaire ; il parcourt la campagne, entrant dans les fermes pour apprendre aux gens à prier, distribuant médailles et chapelets.

 

Peu à peu, la pratique religieuse revient. Puis, sur les conseils de l’évêque, il construit une église qu’il fait consacrer à Marie. Il installe au-dessus du maître-autel un tableau de la Sainte Vierge qui ne tarde pas à faire tomber du Ciel une véritable pluie de miracles.

 

Léon XIII dira : « Dieu s’est servi de cette image pour accorder des grâces innombrables qui ont ému l’univers. »

 

 

 

Un orphelinat 3ed4bb6a.jpg

 

Avec l’affluence des pèlerins auprès du nouveau sanctuaire, arrivent les ex-voto de reconnaissance et aussi les aumônes. Bartolo en profite pour fonder un orphelinat où il recueille orphelines et enfants de prisonniers, leur assurant ainsi une éducation, un métier et une instruction religieuse.

 

Trois ans après cette fondation, il écrit aux criminologues de l’époque, selon lesquels les enfants de criminels deviendraient certainement des criminels :

  "Qu’avez-vous fait, vous, en enlevant le Christ des écoles ? Vous avez produit des ennemis de l’ordre social, des subversifs. Au contraire, qu’avons-nous gagné, nous, en mettant le Christ dans les écoles, des fils de détenus ? Nous avons transformé en jeunes gens honnêtes et vertueux ces malheureux que vous vouliez abandonner à leur triste misère ou jeter dans un asile de fous ! "

 

 

Face aux calomnies

 

 Cependant la collaboration de Bartolo avec la comtesse de Fusco fait jaser et leur attire à l’un et à l’autre une véritable campagne de calomnies. Ils consultent Léon XIII qui leur répond : «Mariez-vous. Et personne n’aura plus rien à dire. » Aussi, le 19 avril 1885, maître Barthélemy Longo épouse-t-il la comtesse de Fusco. Ces épousailles demeurent virginales, ce qui n’empêchera pas les deux époux de s’aimer profondément en Dieu. Grâce à eux, l’oeuvre de Pompéi se poursuit et s’étend. La misère de jadis a fait place à une laborieuse prospérité.

 

Mais les roses ne sont pas sans épines : en 1905, le fils aîné de la comtesse, maladroit en affaires, est acculé à la faillite. Une plainte est portée auprès du pape saint Pie X : « Les offrandes de messes aboutissent dans les poches du fils de Madame Barthélemy Longo. »

 

Pour arranger cette sombre affaire, montée de toutes pièces, Bartolo renonce spontanément en faveur du Saint-Siège à toutes ses oeuvres.

« Saint-Père, dit-il au pape, puis-je à présent mourir tranquille ? – Oh, non !, réplique le Pape, vous ne devez pas mourir, mais travailler, Bartolo nostro ! ». Par obéissance donc, il travaillera jusqu’à épuisement de ses forces.

 

Les derniers jours de Bartolo se passent dans le recueillement et la prière. Atteint d’une double pneumonie, il s’éteint le 5 octobre 1926, à l’âge de 85 ans. « Mon seul désir est de voir Marie qui m’a sauvé et me sauvera des griffes de Satan. » Telles sont ses dernières paroles.

 

  Un moine bénédictin

  

 

« Le Rosaire en main, le bienheureux Bartolo Longo dit à chacun de nous : “Réveille ta confiance en la Très Sainte Vierge du Rosaire. Sainte Mère honorée, je repose en Vous toute mon affliction, toute mon espérance et toute ma confiance !” » (Homélie de béatification).

 

Par l'équipe - Publié dans : modèles et saints pour notre temps
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